Le qualificatif de paranoïaque est facilement utilisé dans le langage courant, gentiment réduit à parano, à tel point qu’il en deviendrait presque sympathique. Fréquenter un (e) vrai paranoïaque est pourtant une épreuve éprouvante. Etre paranoïaque, est-ce une maladie, ou un trouble de la personnalité, ou alors une disposition du caractère ? C’est en fait tout à la fois. Lorsque la paranoïa est maladie, au sens psychiatrique du terme, elle est délirante. C’est à dire que le paranoïaque est persuadé, de la réalité des productions de son imaginaire et se perçoit comme persécuté, injustement attaqué, méconnu, bafoué par les autres, omniprésents persécuteurs. Cette conviction est maintenue contre l’évidence des faits, aucun argument n’étant susceptible de lui faire lâcher prise. Tous les faits, même les plus anodins sont interprétés. Il n’y a plus de hasard. Le regard d’un voisin devient une preuve, un bruit dans la rue la confirmation d’une surveillance. Cette paranoïa fait partie des psychoses et requiert alors un traitement. Comment reconnaître le paranoïaque ? Le paranoïaque se méfie. De tout, de tout le monde. Les petites expériences de la vie ont vite fait de lui confirmer la nécessité de ne faire confiance à personne, mais il n’acceptera jamais de se faire avoir. C’est bien connu, les gens sont fourbes, et cachent leurs intentions malsaines derrière des sourires avenants. Les démasquer est un devoir. Il est soupçonneux. Prêt à déjouer un complot dont il sera, bien entendu, la victime. Le monde est en effet une jungle hostile, dans laquelle il faut se battre pour survivre, mais aussi pour être reconnu, car le paranoïaque n’est jamais reconnu à sa propre valeur. Parce qu’il est quelqu’un, le paranoïaque ! Pas comme tous ces médiocres qui l’entourent. Il est supérieurement intelligent, exceptionnellement subtil, unique en tout. Quelle honte qu’une telle merveille ne soit jamais reconnue, mais le monde est empli d’envieux. Il y a dans le monde les bons et les méchants. Les bons sont d’accords avec lui, les méchants contre lui. Ce serait effectivement simple si les gens ne changeaient pas de camp. On a donc raison de se méfier. D’ailleurs, on a rarement vu des méchants devenir bons. Sûr de lui, le paranoïaque ne change jamais d’avis puisqu’il a toujours raison. Comment fréquenter le paranoïaque ? – Etre clair et transparent avec lui. Ne pas ruser ou dissimuler. Ne pas nourrir sa méfiance d’indice lui laissant croire qu’on lui dissimule la vérité. – Garder le contact pour maintenir, contre vents et marées une relation solide et stable. – Eviter une relation trop proche et trop émotionnelle. Il ne comprend pas un langage émotionnel. – Parler le langage de la raison. Argumenter de manière solide, y compris en s’appuyant sur la loi et les règlements écrits. – Respecter son image, et éviter de mettre en cause ce qu’il est lors des conflits. Distinguer ce qu’il fait, qui est susceptible de poser problème, et ce qu’il est. Dans les conflits, formuler les messages à la première personne. Comment apprécier le côté positif du paranoïaque ? Les dispositions d’esprit du paranoïaque font merveille lorsqu’il s’engage dans des actions nécessitant ténacité, précision, inflexibilité, comme peuvent l’être des conflits sur le terrain juridique ou celui de la défense des droits, ou il peut être particulièrement efficace. Mieux vaut alors qu’il ne soit pas votre adversaire. Article réalisé par Ekko